Breveté par Alphonse Louis Poitevin (1819-1882) en
1855, le papier charbon est un procédé aux bichromates alcalins.
Son nom provient du carbone, noir de fumée ou charbon végétal, utilisé comme pigment dans la gélatine. Une feuille de papier est recouverte d'un mélange de pigments de colloïde et de bichromate. Une fois sèche, elle est exposée à la lumière en contact avec le négatif. L'image est "dépouillée" à l'eau tiède mélangée à de la sciure de bois. Les parties exposées devenues insolubles retiennent alors le pigment, les autres se dissolvent et entraînent le pigment proportionnellement à l'intensité de la lumière reçue. Chimiquement plus stable que les tirages argentiques, cette technique sera très utilisée dans le dernier quart du XIXe pour l'illustration de livres et l'édition commerciale de photographies. La finesse et la beauté de sa texture séduiront les artistes pictorialistes, d'autant plus qu'une grande variété de pigments, du noir au bistre sera fabriquée industriellement. Parmi les papiers charbon les plus célèbres, on distingue : le papier Artigue, qui fut commercialisé en 1894 sous le nom de "charbon-velours" en raison de son aspect très mat le papier Fresson, plus lustré (le pigment est étalé sur une couche de gélatine brillante), qui fut commercialisé à partir de 1899 sous le nom de "charbon-satin" dans une grande variété de textures et de couleurs. Ce fût le seul papier de tirage qui permettait des agrandissements par exposition sous un agrandisseur muni d'une lampe à arc. |
procédé H. CALUYER Photographe H. CAZÉ ![]() |
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![]() il faut lire charbon au lieu de charbou
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![]() Photographie Lelièvre Couton de Clermond-Ferrand 1895 |
![]() Photographie Lelièvre Couton de Clermond-Ferrand 1895 |
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