Hippolyte Adolphe Taine se fit connaître d'abord par un
essai sur les Fables de La Fontaine en 1853,
retouché plus tard et publié sous sa forme définitive avec le titre de
La Fontaine et ses Fables : il essayait d'y expliquer le génie du poète, non seulement par la vie et par les circonstances
diverses, géographiques et sociales, au milieu desquelles il était né et il avait vécu.
Les Essais et les Nouveaux Essais de critique et d'histoire (1857-1865), l'Histoire de la littérature anglaise (1864) procèdent du même système de critique, qui fait aussi l'unité des belles études d'esthétique réunies sous le nom de Philosophie de l'art, système singulièrement fécond, il est vrai, pourvu qu'on attende pas de son application des résultats aussi certains et déterminés que ceux qu'on déduit de l'étude des phénomènes physiques, et qu'après avoir cherché dans les lois de l'hérédité et dans l'observation des temps et des milieux différents facteurs du talent d'un grand homme, on veuille bien encore laisser la plus grande part à l'inexplicable, j'entends à son génie individuel, à l'effort spontané et libre de sa volonté et de son imagination. Enfin, depuis 1876, Hippolyte Adolphe Taine poursuivait l'achèvement d'une œuvre plus ample encore que toutes celles qu'il avait déjà données, les Origines de la France contemporaine. Il n'a pu en terminer que les deux premières parties : l'Ancien Régime (1876) peinture minutieuse d'une société dont les fautes, les erreurs, les abus, les défaillances, les aveuglements, les générosités même ont amené la Révolution, la Révolution (1878-1884), réquisitoire sévère, dont les conclusions, fruit d'une enquête qui n'est point tout à fait exempte de partialité et d'esprit de système, peuvent paraître discutables, mais dans lequel il faut admirer encore l'habileté puissante de l'écrivain à faire revivre devant nous les figures et les types qu'il reconstitue à l'aide de documents innombrables. Nous ne pouvons plus que signaler un Essai sur Tite-Live (1854), dès longtemps célèbre, le livre De l'intelligence (1870), exposition pleine de couleur et d'une merveilleuse clarté des théories de l'école qui prétend expliquer par l'association des idées toutes les opérations de l'entendement, les Etudes sur les philosophes français du dix-neuvième siècle (1856), le Voyage aux Pyrénées (1855), le Voyage en Italie (1866), et ces œuvres plus légères, mais qui ne portent pas la marque d'un esprit moins original, les Notes sur Paris (1867), les Notes sur l'Angleterre (1872) |